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Multimedia and web technologies

En vrac,...

Le mercredi 8 juillet 2009 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Période estivale, j’ai plus de temps pour m’occuper de ce site. Je suis en train petit à petit de reprendre sa conception et je ne devrais pas tarder à m’occuper du contenu. Voici une liste des sujets sur lesquels je voudrais prochainement revenir.

Que de temps écoulé depuis mon dernier article sur l’Android de Google. Je me rend en fait compte qu’en moins d’un an la situation a vraiment changé et ce n’est pas fini, loin s’en faut.

Les produits

L’Android bénéficie non seulement d’un accueil assez favorable du marché et Google a corrigé beaucoup de ses erreurs. Apple peut-être lui-même surpris par l’ampleur de son propre succès avec l’AppStore semble un peu hésitant sur la stratégie à suivre dans le futur et a sorti une troisième version de son iPhone.

Les services

Amazon a lancé son service MP3 en Europe et LastFM a revu sa politique de tarification. Deezer a agrandi son catalogue. Les sources de revenus se diversifient. Pendant ce temps les opérateurs télécoms essayent de reprendre la main sur le contenu.

Les infrastructures

Sur le plan technique, les DRM n‘évoluent pas beaucoup. Certains majors commencent à regarder en direction du filigrane (ou wattermarking).

L’AAC+ se positionne comme un concurrent des formats MP3 pour les plateformes mobiles.

La radio numérique arrive timidement en Europe.

Le codec libre et non breveté Theora pourrait perdre la bataille contre H.264 dans les spécifications des balises vidéos d’HTML5 du W3C.

Tout ça, tout ça, des affaires à suivre,…

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Et Google rata son entrée dans les téléphones portables pour le bonheur d'Apple ?

Le jeudi 25 septembre 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Google en partenariat avec T-Mobile USA et HTC a présenté le premier téléphone équipé d’Android, son système d’exploitation dédié aux applications mobiles. Échec retentissant qui met en émois la blogosphère entière. Je voudrais ici relativiser l‘échec de Google et montrer qu’au contraire, il n’a pas trop mal raté son coup.

Personne n’est à l’abri d’un échec, y compris les meilleurs. Google, enfant prodige de la nouvelle économie vient d’en faire l’amère expérience. Voulant contrecarrer l’iPhone (même si c’est plus un intention qu’on lui prête, qu’un objectif avoué), la firme de Palo Alto a voulu faire comme sa grande sœur, se lancer dans un secteur qui lui est jusqu’ici inconnu : le développement de plate-forme mobile.

N’ayant pas eu l’objet en main, je ne reviendrai pas sur les nombreux défauts que l’on reproche à l’Android. Ceux-ci ont déjà été repris en long et en large par la blogosphère et à l’heure qu’il est le consensus serait le suivant : Google a raté son entrée. Il doit revoir sa copie.

Cela retarde-t-il vraiment l’arrivée du “tout mobile” dans les applications utilisateurs?

A première vue, on pourrait s’inquiéter de voir les principaux acteurs du monde mobile, ainsi que les nouveaux entrants incapables de contrecarrer l’avancée d’Apple et de son iPhone. C’est une vision pourtant trop réductrice et ce pour plusieurs raisons:

  • En terme de parts de marchés, Symbian et Windows Mobile sont encore largement en tête ;
  • En terme de fonctionnalités, l’iPhone est rattrapé voire devancé par ces plates-formes ainsi que celle de RIM.

Reste le design, l’ergonomie et l’interface utilisateur, secteurs sur lesquels Apple est sans vrai rival depuis plus d’une décennie. Sur ces secteurs, ainsi que sur celui de la musique en ligne, il jouit encore d’une avance considérable qui commence pourtant à s’effriter. Sa puissance marketing faisant le reste, surtout quand il s’agit d’oublier les erreurs de jeunesse d’un produit. De ce point de vue Google a encore à apprendre d’Apple.

Un bilan plutôt positif tout de même

L’Android de Google n‘était pas le premier essai d’une utilisation de Linux sur une plate-forme mobile. Mais les précédentes tentatives, sans doute trop disparates avaient été sans lendemain. Avec Android, les développeurs Linux bénéficient aujourd’hui d’une base solide pour établir une sorte de standard du développement d’un Linux adapte a la mobilité.

Mieux encore, Google montre avec Android sa capacité à se réinventer un modèle. L’intuition que la mobilité est au cœur des futures innovations technologiques lui a permis de lancer ce projet qui connaîtra certainement de nombreuses évolutions. Il n’est pas dans l’esprit de Google de lancer d’emblée des produits finis parfaitement fonctionnels (Gmail est en beta depuis 2002), mais plutôt de faire évoluer ses produits au fil des attentes du marché. Sa capacité à faire évoluer Android, sera en fait le véritable test de la qualité de sa plate-forme.

Enfin si Android version 1 est voué à être un échec, cela ne remet pas en question la capacité de Google à innover. Toutes les grandes entreprises innovantes ont essuyé de cuisants échecs. Qui se souvient de l’Apple I ou du Newton ? Si aujourd’hui on ne parle (respectivement) que de Macs et d’iPhone c’est entre autres grâces aux “échecs” du passé d’Apple.

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Triple-I' 08 in Graz, Autria

Le lundi 8 septembre 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

I took part to the I-MEDIA conference (part of the Triple-I ’08) organized by the Know center of Graz. This was my first conference and also the first time I met people working on semantic web technologies. In this article, I would like to summarize my impressions about the conference.

There are mainly two sorts of motivations to go to a conference. The first one would be to be confronted to other scientific scholars with high-level accomplishment, the second would be that conferences are a very good occasion to visit a nice place (even if many institutions, like mine, refuse to pay for conference organized in tourists resorts). As a matter of fact, not only did the Triple-I 2008 edition achieved a very satisfactory scientific level, but Graz was a delicious place to enjoy all these presentations. Now let’s talk about the conference itself.

There is something that everyone seems to be very worried about in the semantic web community, is the purpose of this technology. Many discussions and keynotes were organized in order to identify what were the challenges that the semantic web was about to face. Organizing and structuring the knowledge is definitely the most obvious goal of the semantic web, but indeed, quite a few of use-cases were proposed. Prof Henry Lieberman (MIT Media Laboratory, USA) identifies the goals of the semantic web as a way to enhance common sense for machines (arguing that common sense is the bottleneck for any artificial intelligence) and asserts five ways to enrich the applications which are using semantic web:

  • Map from goals to concrete actions
  • Anticipate the use of the application
  • Make most likely things easiest to do
  • Integrate applications (diminish the role of the user interface)

Some industry partners did presentations (I could not see all of them) : SAP (with a very completed solution for collaborative work) and us (BMW Forschung und Technik and our infotainment platform), IBM also, etc. A brilliant keynote was made by Peter Kemper on the use of Wikis at Shell. The rest of the presentations were made by people from academical background, universities and research institutes.

There is one point that made no debate, the semantic web exists, and there are already huge databases of tagged media available on the web. What can we do with them? The answer is not clear, and I would bet that they will not be for a long time (because I do not see any killer-app’ for the moment). Most people argue that it is necessary to prepare the future and to tag as much information as possible. Other people argue that it is necessary to make more consistent the existing tag systems. Katrin Weller and Isabella Peters (Dusseldorf University, Germany) made a very interesting presentation on tag organization strategies called “tag gardening”. I was one of the rare people to defend the idea that the most part of the knowledge is hidden not in the relationship existing between the different databases, but in the dynamic process of their evolution, i.e. there is more knowledge to get by observing how the relationships between the knowledge representations are transformed than by observing the knowledge representations themselves. Dr Ralf Klamma (RWTH Aachen, Germany) in his closing lecture of a workshop on Knowledge Acquisition from the Social Web made it clear that semiotic system are dynamics and should be considered as such.

On the top of that, the conference was a very interesting way to make contacts with other researchers, and especially PhD students (Special thanks to Ahmet Yildirim from the technical university of Istanbul who presented an interesting tagging technique using both object and predicate and who borrowed me his computer). The Triple-I was also a very social event. In spite of the some inconvenient events (my laptop broke at my arrival in Graz), I will have a very nice souvenir of the Triple-I’ 08 conference.

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Une analyse de Comment le web change le monde : limites de l’ouvrage (3/3)

Le dimanche 8 juin 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Voilà bientôt deux semaines que j’ai terminé la lecture de Comment le web change le monde (qui m’aura pris donc en tout 3 jours). Désolé pour cet énorme retard dans la publication de ma critique. Je crois qu’il est la moindre des choses après avoir reçu cet ouvrage gratuitement de dire ce que j’en pense. Certains, comme Louis (un étudiant en philosophie), dans une démarche plus analytique ont préféré livrer leurs impressions de manière détaillée au fur et à mesure de leur lecture. Mon approche vise à apporter une contribution plus synthétique, et plus globale. Elle ne remplace pas les autres, et j’espère que ma critique aussi sévère soit-elle vous donnera envie de lire le livre de Francis Pisani et Dominique Piotet pour vous faire votre propre point de vue.

Comment le web change le monde est un livre difficile à cerner (donc à critiquer) car il n’élabore presque aucune théorie (ça n’est pas un livre d’universitaires) et en même temps Pisani et Piotet vont beaucoup plus loin qu’une simple vulgarisation (ça n’est pas un essai journalistique). Je dirai que leur approche est la description (beaucoup) et l’analyse (un peu) des concepts qui ont fondé le Web 2.0. C’est une approche large et qui a une visée universelle : D’où vient le Web 2.0? Qu’est-ce qui constitue cette “alchimie des multitudes” ? Où va-t-on ?

Si les questions posées par Pisani et Piotet sont intéressantes, cette approche par concepts est à mon sens un handicap dont les deux auteurs ont du mal à se débarasser. En effet, les concepts ont tous une nature statique (qui les opposent aux processus, de nature dynamique) qui font qu’ils ont tendance à devenir rapidement obsolètes. On le voit très vite à la lecture du livre dont l’écriture a manifestement été démarrée en 2007. À cette époque l’activité de Facebook est en train d’exploser et MySpace a une réputation déjà bien établie outre-atlantique. Pisani et Piotet sans doute dans l’euphorie du moment et certains d’avoir là les preuves irréfutables d’un succès écrasant du “web-social” concluent à mon sens trop vite à en faire une échelle de mesure de la modernité.
Les conséquences sont de ce point de vue assez désastreuses pour leur argumentation:

  • Illustration des concepts de web participatif par des exemples presque exclusivement américains (ce qui rend particulièrement cocasse la citation d’EasyJet, une compagnie qui ne dessert que des destination européennes, comme un exemple de modèle d’activité basé sur des consommacteurs) ;
  • Analyse tronquée, voire méprisante des médias “Dommage que leur intérêt pour la participation des lecteurs et usagers soit si timide dans les faits (et plus encore hors des Etats-Unis)” (p.224).

Bien qu’il soit difficile de leur contester que la mise en réseau des personnes et des services qui aboutit à cette “intelligence réticulaire” soit une innovation majeure, ils ne parviennent pas à expliquer en quoi cela constitue un progrès. Pisani et Piotet se perdent dans la description des exemples de sociétés américaines qui ne concernent certainement que très peu de lecteurs européens ou francophones. La vraie question aurait-été d’expliquer en quoi ce progrès consiste ? Les informations de Wikipédia seraient plus précises que celle de Britannica mais aussi moins exhaustives : Est-ce un progrès ? Google, en observant et enregistrant le comportement des utilisateurs de son service gratuit parvient à améliorer son service de liens promotionnels (publicité) : Est-ce un progrès ? Si oui, en quoi ? Personnellement, j’ai du mal à croire qu’une économie qui se fonde sur la gratuité (Pisani et Piotet citent même les “forces altruistes” de Jacques Attali qui seraient amenées à prendre le pouvoir) puisse longtemps se financer sur la publicité sans avoir de sérieux soucis (par exemple, le jour où tout sera gratuit, on fera de la publicité pour quoi ?). Pire, Pisani et Piotet voient dans la rentabilité financière un critère de réussite de l’écomonie de la gratuité, le serpent se mord la queue,…

Aveuglés par le succès financier de la Silicon Valley, les auteurs oublient donc de rester sur leurs gardes et manquent cruellement de recul par rapport à un sujet dont ils ont du mal à identifier les faiblesses. Ils tentent pourtant de ménager la chèvre et le choux en faisant un hommage appuyé aux détracteurs du Web 2.0 comme Nicholas Carr en citant in extenso ses considérations sur le caractère auto-sacralisant du web. La conclusion de Pisani et Piotet, un poil hautaine : “Carr a souvent ponctuellement raison. Il a le mérite de nous aider à voir des problèmes que nous préférerions souvent taire”.

Je trouve toute cette approche insuffisante, je m’attendais à des réponses plus claires à des questions que je juge essentielles. Comment le web qui est par essence dématérialisé trouve-t-il sa place dans le réel ? Comment les économies de l’industrie et des matières premières qui visent à la production de biens tangibles peuvent-elles se coupler à un monde où la rareté des ressources n’existe plus ? En ses périodes de pénurie des denrées alimentaires et des ressources énergétiques on se rend compte que le web n’apporte pas grand chose. C’est un peu frustrant de s’apercevoir en fin d’ouvrage que, le web n’a pas (encore) vraiment changé le monde.

Ce sera peut-être l’objet de leur prochain livre.

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Une analyse de Comment le web change le monde (2/3) : La conclusion du livre

Le jeudi 29 mai 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Je voudrais aujourd’hui revenir sur la thèse principale démontrée par Francis Pisani et Dominique Piotet dans leur livre.

Avant tout Comment le web change le monde est un livre d’économiste qui cherche à identifier les modèles économiques qui régissent le web. Le principal enseignement de l’ouvrage se situe donc sur ce plan là ( c.-à-d. davantage que sur son analyse anthropologique de l’utilisation du web) : Il s’agit de la démontrer le glissement de la production de valeur dans l’économie du numérique. En effet, après la révolution du web 2.0 la création de valeur ne se fait plus au niveau de ce que Pisani et Piotet appellent des “nodes” (terme repris de l’anglais qui signifie noeud en français). Les nodes, ce sont les infrastructures matérielles et logicielles comme les PC et leur système d’exploitation, les serveurs qui hébergent des applications, les terminaux mobiles, etc. Aujourd’hui, l’essentiel de la création de valeur (en terme de rémunération de service) se fait au niveau des relations qui se créent entre ces nodes.
Pour Pisani et Piotet ce changement bouscule considérablement l’équilibre des forces dans le microcosme de l’industrie informatique, car de la même manière que les développeurs de logiciels ont pris l’ascendant sur les fabriquants de matériel dans les années 80 et 90, ce sont aujourd’hui ceux qui gèrent les relations entre ses nodes (Google, Facebook, etc) qui sont suscepitbles de gagner de l’argent. Mais leur analyse va plus loin, si la mutation a touché de plein fouet l’industrie informatique, elle a vocation à s’étendre à tout ou majeure partie (non identifiée dans l’ouvrage) du reste de l’économie. Pour cela, ils citent l’exemple des médias et de l’information (Pisani étant journaliste devenu blogueur, cela explique certainement ce choix). Les médias ont été obligé (et le seront encore davantage dans l’avenir) de se convertir au nouveaux modes de création de contenu et d’échange d’information.

Demain, nous reviendrons sur les limites de l’ouvrage, les arguments qui me paraissent contestables et les questions qu’il laisse ouvertes.

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