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Multimedia and web technologies

Une analyse de Comment le web change le monde : limites de l’ouvrage (3/3)

Le dimanche 8 juin 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Voilà bientôt deux semaines que j’ai terminé la lecture de Comment le web change le monde (qui m’aura pris donc en tout 3 jours). Désolé pour cet énorme retard dans la publication de ma critique. Je crois qu’il est la moindre des choses après avoir reçu cet ouvrage gratuitement de dire ce que j’en pense. Certains, comme Louis (un étudiant en philosophie), dans une démarche plus analytique ont préféré livrer leurs impressions de manière détaillée au fur et à mesure de leur lecture. Mon approche vise à apporter une contribution plus synthétique, et plus globale. Elle ne remplace pas les autres, et j’espère que ma critique aussi sévère soit-elle vous donnera envie de lire le livre de Francis Pisani et Dominique Piotet pour vous faire votre propre point de vue.

Comment le web change le monde est un livre difficile à cerner (donc à critiquer) car il n’élabore presque aucune théorie (ça n’est pas un livre d’universitaires) et en même temps Pisani et Piotet vont beaucoup plus loin qu’une simple vulgarisation (ça n’est pas un essai journalistique). Je dirai que leur approche est la description (beaucoup) et l’analyse (un peu) des concepts qui ont fondé le Web 2.0. C’est une approche large et qui a une visée universelle : D’où vient le Web 2.0? Qu’est-ce qui constitue cette “alchimie des multitudes” ? Où va-t-on ?

Si les questions posées par Pisani et Piotet sont intéressantes, cette approche par concepts est à mon sens un handicap dont les deux auteurs ont du mal à se débarasser. En effet, les concepts ont tous une nature statique (qui les opposent aux processus, de nature dynamique) qui font qu’ils ont tendance à devenir rapidement obsolètes. On le voit très vite à la lecture du livre dont l’écriture a manifestement été démarrée en 2007. À cette époque l’activité de Facebook est en train d’exploser et MySpace a une réputation déjà bien établie outre-atlantique. Pisani et Piotet sans doute dans l’euphorie du moment et certains d’avoir là les preuves irréfutables d’un succès écrasant du “web-social” concluent à mon sens trop vite à en faire une échelle de mesure de la modernité.
Les conséquences sont de ce point de vue assez désastreuses pour leur argumentation:

  • Illustration des concepts de web participatif par des exemples presque exclusivement américains (ce qui rend particulièrement cocasse la citation d’EasyJet, une compagnie qui ne dessert que des destination européennes, comme un exemple de modèle d’activité basé sur des consommacteurs) ;
  • Analyse tronquée, voire méprisante des médias “Dommage que leur intérêt pour la participation des lecteurs et usagers soit si timide dans les faits (et plus encore hors des Etats-Unis)” (p.224).

Bien qu’il soit difficile de leur contester que la mise en réseau des personnes et des services qui aboutit à cette “intelligence réticulaire” soit une innovation majeure, ils ne parviennent pas à expliquer en quoi cela constitue un progrès. Pisani et Piotet se perdent dans la description des exemples de sociétés américaines qui ne concernent certainement que très peu de lecteurs européens ou francophones. La vraie question aurait-été d’expliquer en quoi ce progrès consiste ? Les informations de Wikipédia seraient plus précises que celle de Britannica mais aussi moins exhaustives : Est-ce un progrès ? Google, en observant et enregistrant le comportement des utilisateurs de son service gratuit parvient à améliorer son service de liens promotionnels (publicité) : Est-ce un progrès ? Si oui, en quoi ? Personnellement, j’ai du mal à croire qu’une économie qui se fonde sur la gratuité (Pisani et Piotet citent même les “forces altruistes” de Jacques Attali qui seraient amenées à prendre le pouvoir) puisse longtemps se financer sur la publicité sans avoir de sérieux soucis (par exemple, le jour où tout sera gratuit, on fera de la publicité pour quoi ?). Pire, Pisani et Piotet voient dans la rentabilité financière un critère de réussite de l’écomonie de la gratuité, le serpent se mord la queue,…

Aveuglés par le succès financier de la Silicon Valley, les auteurs oublient donc de rester sur leurs gardes et manquent cruellement de recul par rapport à un sujet dont ils ont du mal à identifier les faiblesses. Ils tentent pourtant de ménager la chèvre et le choux en faisant un hommage appuyé aux détracteurs du Web 2.0 comme Nicholas Carr en citant in extenso ses considérations sur le caractère auto-sacralisant du web. La conclusion de Pisani et Piotet, un poil hautaine : “Carr a souvent ponctuellement raison. Il a le mérite de nous aider à voir des problèmes que nous préférerions souvent taire”.

Je trouve toute cette approche insuffisante, je m’attendais à des réponses plus claires à des questions que je juge essentielles. Comment le web qui est par essence dématérialisé trouve-t-il sa place dans le réel ? Comment les économies de l’industrie et des matières premières qui visent à la production de biens tangibles peuvent-elles se coupler à un monde où la rareté des ressources n’existe plus ? En ses périodes de pénurie des denrées alimentaires et des ressources énergétiques on se rend compte que le web n’apporte pas grand chose. C’est un peu frustrant de s’apercevoir en fin d’ouvrage que, le web n’a pas (encore) vraiment changé le monde.

Ce sera peut-être l’objet de leur prochain livre.

Commentaire

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Une analyse de Comment le web change le monde (2/3) : La conclusion du livre

Le jeudi 29 mai 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Je voudrais aujourd’hui revenir sur la thèse principale démontrée par Francis Pisani et Dominique Piotet dans leur livre.

Avant tout Comment le web change le monde est un livre d’économiste qui cherche à identifier les modèles économiques qui régissent le web. Le principal enseignement de l’ouvrage se situe donc sur ce plan là ( c.-à-d. davantage que sur son analyse anthropologique de l’utilisation du web) : Il s’agit de la démontrer le glissement de la production de valeur dans l’économie du numérique. En effet, après la révolution du web 2.0 la création de valeur ne se fait plus au niveau de ce que Pisani et Piotet appellent des “nodes” (terme repris de l’anglais qui signifie noeud en français). Les nodes, ce sont les infrastructures matérielles et logicielles comme les PC et leur système d’exploitation, les serveurs qui hébergent des applications, les terminaux mobiles, etc. Aujourd’hui, l’essentiel de la création de valeur (en terme de rémunération de service) se fait au niveau des relations qui se créent entre ces nodes.
Pour Pisani et Piotet ce changement bouscule considérablement l’équilibre des forces dans le microcosme de l’industrie informatique, car de la même manière que les développeurs de logiciels ont pris l’ascendant sur les fabriquants de matériel dans les années 80 et 90, ce sont aujourd’hui ceux qui gèrent les relations entre ses nodes (Google, Facebook, etc) qui sont suscepitbles de gagner de l’argent. Mais leur analyse va plus loin, si la mutation a touché de plein fouet l’industrie informatique, elle a vocation à s’étendre à tout ou majeure partie (non identifiée dans l’ouvrage) du reste de l’économie. Pour cela, ils citent l’exemple des médias et de l’information (Pisani étant journaliste devenu blogueur, cela explique certainement ce choix). Les médias ont été obligé (et le seront encore davantage dans l’avenir) de se convertir au nouveaux modes de création de contenu et d’échange d’information.

Demain, nous reviendrons sur les limites de l’ouvrage, les arguments qui me paraissent contestables et les questions qu’il laisse ouvertes.

Commentaire

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MediaDigits c’est (re)parti ! Merci Francis Pisani

Le lundi 26 mai 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Voilà, un nouveau blog lancé en décembre 2007 (au début de mon travail de thèse sur les technologies multimédia embarquées dans les véhicules), un post et puis,… rien!

MediaDigits un départ manqué ? je vous l’accorde bien volontiers. Comment l’expliquer ? Je ne sais pas trop, mais j’avance quelques hypothèses:

  • Deux déménagement successifs (de la France vers l’Allemagne, puis d’une adresse à une autre à Munich) m’ont largement éloigné de mon objectif de tenir un blog bilingue consacré aux nouvelles technologies et ceci d’autant plus qu’à l’heure qu’il est je n’ai toujours pas de connexion internet chez moi;
  • Le début très prenant de mon doctorat est aussi une raison qui m’a poussé à mettre de côté mon travail de blogueur (peur d’arriver avec des idées peu mûres, de soumettre des propositions pas assez réfléchies);
  • Un manque général de motivation qui m’avait conduit à abandonner pendant plusieurs mois l’écriture de mon blog personnel.

Et puis il s’est produit un petit événement. J’ai reçu l’ouvrage dont Francis Pisani le célèbre blogueur de Transnets, expatrié français en Silicon Valley et coauteur de Comment le web va changer le monde. En effet, il y a quelques semaines son éditeur a lancé une opération d’envoi gratuit d’exemplaires aux blogueurs qui se manifesteraient. J’ai fait part de mon intérêt car les technologies web sont aux cœur de mes recherches, mais je pensais avoir été oublié dans la liste des personnes retenues.

Quelle surprise de trouver ce courrier de la maison d’édition Pearson Education, samedi matin dans ma boîte aux lettres. Je me suis donc dit que je devais sortir de ma torpeur et reprendre mon travail de blog, après tout recevoir un ouvrage gratuitement, cela se mérite. Depuis, je n’ai pas complètement terminé la lecture du livre car je passe beaucoup de temps à prendre des notes et écrire des remarques. Ce sera d’ailleurs l’objet de mon prochain article.

Commentaire

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MediaDigits on the road (again)! Thanks to Francis Pisani

Le mercredi 21 mai 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Here we are. I launched a new blog on December 2007 (at the beginning of my PhD work on vehicule embeded multimedia technologies), wrote a post and,… nothing more!

False start? Might be that indeed. How to explain it? I do not really know but I can propound some assumptions:

  • Two single house movings (one for France to Germany and another one from a Munich address to another one) took me away from my initial goal of having a bilingual blog dedicated to new technologies. Moreover, I do not have any internet connection at home so far;
  • I was very busy with the beginning of my PhD thesis and this lead me to forget about writting posts for my blog. I feared I came with unfinished ideas and unprepared concepts;
  • I had a general lack of motivation which lead me to abandon for some months my personal blog.

And something happened. I received the new book of Francis Pisani, famous french blogger of Transnets, exiled in the Silicon Valley and coauthor of Comment le web va changer le monde (”How the web is going to change the world”). Indeed, some weeks before, his editor launched a promotion operation to bloggers who would like to receive the book for free. I try to enlist but I though that I was in the list of taken bloggers.

As a matter of fact, I was really suprised when I found last Saturday this big enveloppe from Pearson Education, in my mail box. I said to my self that I had to start writting again and working on this blog. A new released book for free, I need to deserve it! I have not finished to read it so far, since I am taking a lot of notes and writting remarks. This will be indeed the subject of my next post.

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A short introduction to Last.FM

Le mercredi 2 janvier 2008 par Stéphane Turlier dans les catégories ,

Last.FM is a music web service providing a social approach to the music experience. As many social web services, each user has an account and a profile. Basically, the user can browse the Last.FM catalogue and listen to 30 seconds excerpts. For each artists different kind of information are given such as biography, album covers, concert dates,… For many artists it is not possible to listen to whole tracks, so Last.FM proposes a system of webradios. Those radios are basically made of a streamed playlist generated “on the fly” and delivered to the user. For instance, when a user selects the Tracy Chapman similar artists web radio, he/she can listen for free to a streamed audio content containing music of artists similar to Tracy Chapman. To generate this playlist Last.FM uses a system of similarity. The music similarity is a rather complex problem thus it will be discussed in an later article. To make it simple in a first approach, we can consider that two artists are similar if they belong to the same genre. However Last.FM has a much more refined way of computing artist similarity.

Audio scrobbling: an implicit relevance feedback method

One of the most interesting features of Last.FM is its scrobbling protocol. This technology aims to monitor the user behaviour so as to infer its likes and dislikes. The assumption is the following, if a user listens to a whole track (i.e. more or less till the end), that means that he/she likes it. Moreover, using the GUI, the user can give feedback by rating each song and each artist. The Last.FM player proposes by default a very simple feedback based on three interactions : Love, ban and skip. Based on these observations and on the similarity classification, Last.FM can build a user profile with user preferences. For each artist, Last.FM can provide a web radio and users can skip, ban or love the tracks when they listen to them.

Social filtering and user similarity

Now, Last.FM has built a whole user database with tons of user preferences that have been collected using the scrobbling protocol. The idea of social web is putting together user data, comparing them in order to extrapolate and create information. In matter of music recommendation, what is interesting is to give the user the possibility to discover music he may not have heard before. With the similar artist web radios, Last.FM already gives the possibility to listen to new music, however, the only common factor between the tracks is the similarity to a given artist and no personalisation to the inner particularity of the user profile is used in such a scenario. For each user, LastFM is also able to provide a personalised web radio, only by comparing the user profile with other user profiles. This webradio streams music that the user has already heard and listened to, but it also streams music completely new to the user.

In order not to constrain the users to the Last.FM player, Last.FM has documented its scrobbling protocol. As a result various plugins have been developed in order to be able to scrobble using players such as winamp, windows media player and even itunes. However, it is still possible to write from scratch add-ons to existing media software in order to have them scrobble. Thus, when a user listens to his/her own music, his/her music profil can be transparently and automatically updated provided that his/her library has accurate ID3 tags.

Bibliography

  • G. W. E. Pampalk, “Dynamic playlist generation based on skipping behavior.” 2005.
  • D. L. Chao, J. Balthrop, and S. Forrest, “Adaptive radio: achieving consensus using negative preferences.” 2005.

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